2017, le "R" de l'ARODE qui signifiait "Restauration" devient "Rayonnement". Cela correspond à la situation actuelle et future de notre association.

Restauration du buffet

Le grand buffet sera restauré en restituant les éléments anciens en copie de celui de Soultz-les-Bains, puisque les mesures prises montrent que les deux orgues ont été construits sur le même modèle. Il ne sera néanmoins pas possible de rétablir les couronnements des tourelles latérales. La hauteur sous plafond disponible dans l’église d’Eschentzwiller, moindre que celle du couvent des Unterlinden, ne permet pas de loger le grand-orgue de Silbermann dans toute son élévation. Lors du transfert de l’instrument, il est probable que les deux pots-à-fleurs du grand-orgue aient été supprimés, ce qui était beaucoup plus aisé que de rogner sur la hauteur du soubassement. Lors du rétablissement de l’instrument dans ses proportions originelles, il sera préférable de rétablir le soubassement à sa hauteur initiale que de le laisser à sa hauteur actuelle pour pouvoir rétablir les couronnements, d’autant que les pots-à-fleurs de Ketterer au positif ne peuvent servir de modèle pour ceux que Nahl avait confectionnés pour le grand buffet. Dans le détail, il faudra procéder aux opérations suivantes :

– reconstitution de la semelle de sapin ;

– reconstitution de la partie centrale du soubassement avec la fenêtre des claviers ;

– rétablissement de la hauteur d’origine des deux portes latérales du soubassement ;

– restauration de la partie avant de la ceinture à sa largeur d’origine, en refermant les découpes sauvages pratiquées pour changer une fermeture de laye ;

– reconstitution de la partie arrière de la ceinture ;

– rétablissement de la hauteur d’origine des tourelles, en déposant les petits panneaux des parois latérales ;

– rétablissement des portes arrière dont parle Silbermann dans ses archives[1] ;

– reconstitution des plafond en sapin.

2013 61 thAu positif, les travaux seront moindre mais il faudra restituer la paroi arrière en copie de celle du positif aujourd’hui postiche de Sundhouse, avec un grand panneau mobile au centre, formé de quatre panneaux, et quatre panneaux fixes sur les côtés. Le plafond de la plate-face centrale devra également être reconstitué.

La clôture de pédale, formée de panneaux de sapin assemblés en rainures et languettes, sera reconstituée sur le modèle de celle de Griesheim-sur-Souffel, autre orgue Silbermann de quatre pieds doté d’une pédale de deux jeux et 25 notes.

2013 010thLes éléments anciens en chêne vernis présentent actuellement une teinte très sombre et le vernis assombri au 19ème siècle, voire ultérieurement, est majoritairement craquelé. A quelques endroits, on distingue encore le vernis ancien, plus clair (cf. photo n° 10). Il est donc souhaitable de supprimer les couches superficielles du vernis pour dégager les couches anciennes, plus claires, ce qui mettra aussi davantage en valeur les sculptures. Les éléments neufs en chêne seront traités comme l’indiquent les archives Silbermann, enduits avec un lait de colle (“leimtränken”) puis du vernis à la térébenthine (“Terpentin Fürniß”), comme le note Silbermann expressément pour l’orgue des Unterlinden[2]. La clôture de pédale en sapin sera traitée avec un lait de colle mais ne sera ni vernie, ni teintée.

Pour ce qui est des tuyaux de façade, le défi consistera à harmoniser visuellement des tuyaux de trois origines différentes :

– 20 tuyaux du grand-orgue seront de Silbermann (D-a du Prestant 4, 8 tuyaux dans les tourelles latérales et 12 tuyaux dans les plates-faces), dont les corps voire certains pieds devront être rallongés et les oreilles devront être supprimées ;

– 2 tuyaux seront neufs (les deux tuyaux axiaux des tourelles latérales, C et Cs du Prestant 4) ;

– 13 tuyaux de la tourelle centrale du grand-orgue (tous redevenus chanoines) et 26 tuyaux du positif, mis en son et attribués à la Quinte et à la Doublette, seront de Kern (2000) ; ces tuyaux n’ont pas été réalisés en copie stricte de ceux de Silbermann, les feuilles d’étain n’ont pas été martelées et retendues comme le note Silbermann expressément pour l’orgue des Unterlinden[3], mais on peut estimer que ce serait un luxe de refaire tous les tuyaux du positif.

 


[1] Das Silbermann-Archiv, p. 469. (retour)

[2] ibid., p. 436. (retour)

[3] ibid., p. 442.